Musée départemental Albert-Kahn
14, rue du Port
92 100 Boulogne-Billancourt
Tél : 01 55 19 28 00
Fax : 01 46 03 86 59
Direction : M. Gilles Baud-Berthier
Attachée de Conservation : Mme Jocelyne Leclercq
Email : jleclercq-weiss-museeakahn@cg92.fr
A l’heure où cette fiche est rédigée (janvier 2007), le Musée Albert-Kahn ne dispose pas de site Internet lui étant spécifiquement dédié. On trouvera toutefois plusieurs informations pratiques sur le site de la ville de Boulogne-Billancourt (www.boulognebillancourt.com et sur le portail du Conseil Général des Hauts-de-Seine (www.hauts-de-seine.net).
Persuadé que tous les peuples du monde pourraient vivre en paix grâce à la connaissance mutuelle de l’environnement et des us et coutumes de chacun, le banquier et philanthrope Albert Kahn (1860-1940) s’est investi corps et biens dans une vaste mission d’anthropologie visuelle qu’il appelle « les Archives de la Planète ». Véritable mémoire vivante de la cinquantaine de pays visités par ses opérateurs entre 1910 et 1931, ces « Archives de la Planète » sont composées de 4000 plaques stéréoscopiques de format 45 x 105 mm (3 /4 noir et blanc, 1/4 autochrome), de 72 000 plaques autochromes 2 (premier fonds mondial) et de 180 000 mètres de films.
Pour alimenter ses « Archives de la Planète » et montrer comment vivent les autres peuples, Albert Kahn a utilisé les techniques les plus innovantes de l’époque : l’autochrome 1 (premier procédé de photographie en couleurs sur plaque de verre) et le film muet sur pellicule 35 mm noir et blanc. Mais en 1929, la crise économique mondiale provoque la ruine d’Albert Kahn, et ses biens sont saisis trois ans plus tard. Les jardins de Boulogne et les collections de photos et de films sont vendus aux enchères et adjugés au Département de la Seine en 1936. Les collections deviennent accessibles au public grâce aux projections de l’opérateur Georges Chevalier et aux conférences de Madame Magne de Lalonde. En 1940, Albert Kahn meurt dans sa maison de Boulogne, et en 1968, conséquemment à la nouvelle partition du territoire, le département des Hauts-de-Seine devient propriétaire des jardins et des collections.
Dès 1975, le département des Hauts-de-Seine met en place une nouvelle équipe composée d’un personnel scientifique et technique. Un laboratoire photographique spécialisé dans la reproduction des autochromes est installé. Des films de montage sonorisés sont réalisés à partir des rushes cinématographiques du fonds. Des expositions itinérantes, accompagnées de montages audiovisuels, circulent à travers le monde. Des documentalistes répondent aux demandes de consultation et d’utilisation des documents.
En 1986, les collections Albert Kahn deviennent Musée Départemental contrôlé, et 1988 voit le début de la construction de la galerie d’exposition de l’Espace Départemental Albert Kahn – Jardins et Collections.
2 La mise au point de la plaque autochrome (1904) marque l’aboutissement de longues années de recherches en matière de photographie couleur. Ce procédé original associait sur un support unique (le verre), un film noir et blanc et une mosaïque trichrome composée de grains microscopiques de fécule de pomme de terre colorés alternativement en violet, vert et orangé. L’utilisation de la fécule de pomme de terre peut aujourd’hui faire sourire, mais elle répondait néanmoins efficacement aux critères techniques de transparence et de sphéricité exigés pour les grains de matière colorée. En outre, sur le plan esthétique, les résultats obtenus étaient particulièrement convaincants (délicatesse, nuance et élégance des couleurs notamment).
Le musée Albert Kahn présente chaque année une exposition d’images extraites des « Archives de la Planète », accompagnée d’un catalogue ou d’un ouvrage spécifique. Pour permettre le libre accès à l’intégralité des fonds, le conseil général des Hauts-de-Seine équipe le musée d’un système de consultation publique des images numérisées (en cours de réalisation).
Le site du musée, à l’image de ses collections de photographies et de films, évoque lui aussi la diversité planétaire : sur 3,9 hectares se déploie l’expression végétale du projet d’Albert Kahn. On y parcourt, harmonieusement juxtaposés, des jardins japonais, anglais et français, une roseraie, un jardin fruitier, une forêt bleue, un marais, une prairie, des forêts dorée et vosgienne. La serre tropicale, équipée en restaurant, est en cours de réaménagement. Une équipe de cinquante personnes dont dix jardiniers départementaux anime ce site unique.
Images fixes : 72 000 plaques autochromes entreposées dans leur conditionnement d’origine : boîtes en bois réparties sur les rayonnages de la « salle des plaques » au rez-de-chaussée de l’une des maisons des Jardins Albert Kahn, ancien laboratoire des « Archives de la Planète ». La grande majorité de ces plaques est de format 9 x 12 cm. Outre un petit nombre de plaques stéréoscopiques, il existe également une importante série de plaques 13 x 18 cm (notamment des portraits).
Images animées : les films de la collection Albert Kahn se présentent dans leur majeure partie sous formes de rushes : 161 945 mètres de pellicule 35 mm noir et blanc (100 heures de projection) auxquels s’ajoutent 16 674 mètres de documents acquis aux sociétés Gaumont et Pathé. Les films originaux des Collections Albert Kahn sont conservés au Service des Archives Françaises du Film dans le fort de Bois-d’Arcy. En fonction de leur état de conservation, des copies de sécurité sont réalisées ; le rythme moyen est de 10 000 mètres par an. Ces copies sont faites en double exemplaire : l’un pour l’archivage, l’autre pour l’exploitation.
(source : Panorama des collections, brochure réalisée sous la direction de Jeanne Beausoleil, 1990)
Les collections du Musée Albert-Kahn comprennent treize bobines de films tournées en Basse-Normandie, entre 1920 et 1927, par deux des principaux cinéastes des « Archives de la Planète » : Camille Sauvageot (qui a parcouru l’Europe et l’Afrique du Nord entre 1919 et 1932) et Lucien Le Saint (qui a tourné en Europe, au Moyen-Orient et à Terre-Neuve entre 1918 et 1923).
Nous mentionnons ci-après le détail des treize bobines relatives à la région bas-normande :
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