Dans le cadre de ses missions de recherche, de documentation, de valorisation culturelle, de conseil et de coopération dans le domaine du patrimoine ethnologique et technique, le C.Ré.C.E.T. a réalisé un programme inédit de repérage des lieux ressources du patrimoine filmique documentaire relatif à la Basse-Normandie. Ce programme a été mené à temps partiel, sur 10 mois, de juillet 2006 à janvier 2008.
Il s’agissait – à l’échelle régionale, nationale, mais aussi internationale – de rechercher et d’identifier les différentes institutions, structures et entités, publiques ou privées, qui détiennent ou recensent des fonds de films susceptibles d’inclure des images documentaires concernant la région de Basse-Normandie et présentant un intérêt historique, sociologique ou ethnographique. L’enquête portait sur le documentaire dans son acception la plus large, sans restriction de format, de durée ou de support. Le présent document recense ainsi autant les « documentaires de création » que les reportages télévisés, les sujets d'actualité, les films institutionnels et didactiques, ou bien encore les images d'archives, qu'elles soient professionnelles ou réalisées par des amateurs.
Nous publions ci-après les résultats de cette mission de repérage, laquelle fait apparaître quinze lieux ressources, au niveau national et international et vingt-quatre au niveau régional.
Certaines structures potentiellement éligibles n’ont pu être consultées, pour des raisons d’indisponibilité pendant la période où a été mené ce travail de recensement (le Musée National des Arts et Traditions Populaires, par exemple, est en phase de déménagement et procède à une restructuration d’envergure : il devient le « Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée », et rouvrira ses portes courant 2008, à Marseille). D’autres entités n’ont pas donné suite à la sollicitation qui leur était adressée.
Cette mission de recherche a été menée dans un but pratique. C’est pourquoi nous présentons les résultats de cette enquête sous la forme de fiches synthétiques, qui regroupent autant que possible plusieurs types d’informations. Y figurent d’abord les coordonnées complètes de la structure concernée, ainsi que l’identité des principaux contacts utiles. Ensuite, nous exposons brièvement les possibilités et les modalités d’accès aux différents contenus proposés. Puis, une présentation générale de l’organisme, de son histoire et de ses objectifs, permet ensuite une description et une caractérisation des différents fonds de films qui composent les divers catalogues. Enfin, la dernière et la plus importante section de chaque fiche de repérage est spécifiquement consacrée aux occurrences concernant directement la Basse-Normandie, en intégralité ou pour partie.
Le niveau de description varie en fonction de la nature des fonds. Ainsi, les vastes collections de plans d’archives, d’actualités cinématographiques et de rushes non montés, par exemple, sont présentés par grands ensembles thématiques et/ou géographiques, tandis que les programmes unitaires font systématiquement l’objet d’une description particulière et plus développée (sauf dans le cas de fonds très spécifiques, comme les films d’entreprises et les vidéogrammes institutionnels), plus à même de guider l’éventuel utilisateur vers ce qu’il recherche.
Ces fiches descriptives ont été réalisées à partir de sources multiples disponibles en ligne : sites Web dédiés, banques d’images internationales, portails et méta moteurs spécialisés (sur accès réservés dans de nombreux cas). Ou encore grâce à la documentation fournie directement par l’institution concernée. Nous remercions ici toutes celles et tous ceux qui ont adhéré à la démarche et ont bien voulu nous apporter leur précieux concours, fût-ce pour nous indiquer qu’ils ne disposaient d’aucun fonds significatif.
Bien évidemment, les informations qui figurent dans ces fiches sont susceptibles de modifications dans le temps et demanderont à être actualisées, dans la mesure où les collections de films s’enrichissement constamment de nouveaux titres, et où les initiatives nouvelles liées aux technologies de l’information et de la communication (tant publiques que privées) fleurissent ça et là dans de nombreux pays.
Le volet national et international
Les quinze structures présentées sont réparties selon les quatre grandes sections suivantes : d’abord, les institutions publiques en charge de la conservation et de l’archivage du patrimoine filmique et audiovisuel ; puis les services et délégations ministériels développant une action d’inventaire et de valorisation de leurs fonds spécifiques. Dans un troisième temps, ce document s’intéresse à diverses structures nationales et territoriales d’intérêt public, qui possèdent et exploitent une filmothèque ou une vidéothèque signalant un nombre suffisant d’occurrences pertinentes. Et, pour finir, sont regroupées les sociétés privées à vocation commerciale, dont l’activité concerne la location et la cession de droits de collections d’archives filmiques.
Le volet régional
La seconde étape de la mission de repérage du patrimoine filmique relatif à la Basse-Normandie a fait porter l’effort d’investigation sur le territoire régional proprement dit. Il s’agissait là aussi d’interroger les diverses entités publiques et privées présentes en région, susceptibles de détenir ou de recenser des fonds d’images documentaires de toutes natures ayant pour sujet la Basse-Normandie. Près de 220 structures ont ainsi été contactées par le biais d’un courrier présentant le programme, ses objectifs et sollicitant une collaboration, et pour certaines relancées par voie téléphonique ou par courrier électronique. Il s’agissait notamment de structures de production audiovisuelle en région (associations ou sociétés commerciales) ; de musées de société ; d’associations à vocation patrimoniale, culturelle ou éducative. Les archives départementales ont également été interrogées, de même que les services publics de l’État en région, ainsi qu’une sélection de bibliothèques.
Ces diverses entités étaient donc particulièrement nombreuses, tout autant que fort différentes quant à la nature même de leurs activités ou à l’importance des moyens humains, financiers et techniques dont elles disposent. Il s’agissait cependant de ne négliger aucune piste, quant bien même celle-ci s’avérerait au final peu ou non productive. Cette approche extensive, sans exclusive ni a priori, nous semblait la plus adaptée aux objectifs du programme.
Là encore, les résultats de nos recherches sont présentés sous la forme de fiches pratiques et synthétiques, et signalent ainsi un peu plus d’une vingtaine de lieux ressources de natures diverses, qui détiennent, exploitent ou produisent des films documentaires dont le sujet concerne directement la Basse-Normandie.
D'importance variable et de provenance variée, les différents fonds identifiés documentent là encore à leur façon la région bas-normande dans ses différents aspects, tant sur le plan historique que sociologique ou culturel. Les différents lieux ressources concernés sont regroupés ci-après selon quatre grands ensembles : 1) les services publics de l'État en région ; 2) les institutions et les structures territoriales ; 3) les unités de production audiovisuelle ; 4) les musées possédant des collections de films.
En conclusion
Ne prétendant à aucune forme d'exhaustivité (entreprise par ailleurs impossible, ou pour le moins limitée dans le temps compte tenu de l'évolution permanente du paysage audiovisuel), ce document n'a d'autre ambition que de constituer un premier outil de travail concernant la mémoire filmée de notre région.
On filme la Basse-Normandie depuis la naissance même du cinématographe (1895). Et ce selon une fréquence très soutenue, depuis toujours donc, et évidemment surtout depuis la Seconde Guerre Mondiale et le Débarquement des Forces Alliées sur notre territoire, qui a accueilli depuis (et continue d’accueillir) quantité d’opérateurs de toutes provenances, tant des quatre coins du globe que de la région. Une mémoire vivante donc, dont on retrouve la trace dans les bobines les plus anciennes comme dans les programmes les plus contemporains. Une mémoire à rassembler sans doute, dont les quelques pages qui suivent peuvent servir d'esquisse.
Dans certains cas, la généralisation de moyens informatiques sophistiqués dans le secteur de l’archivage (du type « base de données multicritères interrogeable à distance » et programme de numérisation), facilite bien des démarches et permet de retrouver la trace – voire d’exhumer – de nombreuses images bas-normandes, qui seraient sans cela menacées de destruction ou promises à l’oubli. Dans d’autres cas, les informations sont plus difficiles à trouver, les menaces plus fortes, semble-t-il faute d’outils en propre ou collectifs véritablement adaptés aux difficultés — parfois aiguës — rencontrées ici et là pour faire face aux enjeux en terme de connaissance, de conservation et de valorisation du patrimoine filmique documentaire relatif à la région.
Qu’il nous soit permis de former ici le vœu que cette première exploration puisse susciter les compléments et prolongements que ce patrimoine audiovisuel – déjà constitué ou en train de se former – mérite incontestablement.
Youri Deschamps, chargé d’études
(avril 2008)
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