Centre Régional de Culture Ethnologique et Technique
Crécet

Connaissance et valorisation du patrimoine ethnologique et technique en Basse-Normandie

Diffusion et action culturelle

» Semaine du cinéma ethnographique

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Semaine du cinéma ethnographique

Édition 2008 : « Territoires & Identités »

Date : du 01 au 07 décembre 2008

Lieu : Caen - Cinéma Lux - Une manifestation proposée par le CRéCET de Basse-Normandie


Pour cette 14 ème édition, La Semaine explore le thème du territoire, cet espace singulier qu’un individu ou un collectif organise et s’approprie matériellement autant que symboliquement et qui constitue un support majeur dans la construction de son identité.

Toutefois, mouvements de la société et de l’histoire obligent, ce cadre de référence est tout sauf immuable. Le rapport aux lieux ressort en effet d’une production sociale permanente qui révèle les recompositions culturelles, politiques ou économiques à l’œuvre ; lesquelles - porteuses de confrontations - suscitent de nouvelles légitimités, des appartenances nouvelles et parfois plurielles ("être d’ici et d’ailleurs"), voire d’autres découpages et des frontières inédites …

Certains observateurs indiquent par ailleurs que la modernité provoque une forme de déterritorialisation des relations sociales et pointent le développement de réseaux sociaux dématérialisés, et le recul, voire la disparition, des collectifs territoriaux. Pour autant, peut-on parler de « fin des territoires » alors même que la plupart des expériences humaines - et tout particulièrement celle de la construction identitaire - restent intimement ancrées dans l’espace ?

Pour alimenter la réflexion, La Semaine vous propose près de vingt films documentaires, récents ou plus anciens, choisis pour la qualité de leur contenu et de leur forme, et justement habiles à rendre palpable cette expérience du territoire.

Bonne Semaine à toutes et à tous !

Le programme au jour le jour

» Lundi 01 décembre 2008 : Choc des cultures
» Mardi 02 décembre 2008 : Terre promise
» Mercredi 03 décembre 2008 : L'esprit des lieux
» Jeudi 04 décembre 2008 : Quand la musique fait territoire
» Vendredi 05 décembre 2008 : Territoires en question
» Samedi 06 décembre 2008 : Territoires morcelés
» Dimanche 07 décembre 2008 : Enracinement/déracinement


Lundi 01 décembre 2008 : Choc des cultures

19h30

First contact de Robin Anderson, Bob Connolly,
Australie, 1982, 52 mn, vidéo, couleur et n. et bl.,vostf

En 1930, trois jeunes chercheurs d'or, Michael, Daniel et James Leahy, quittent l'Australie pour la Nouvelle-Guinée, avec une caméra. Ils découvrent dans des régions reculées de l'Ile une population jusqu'alors ignorée du reste du monde : les Papous des Hautes Terres. Les trois frères filment les réactions de ce peuple confronté pour la première fois à l'homme blanc. Cinquante ans plus tard, Bob Connolly et Robin Anderson partent, images en poche, retrouver Daniel Leahy et les Papous - à présent en short et chemise - pour recueillir leurs souvenirs de cette rencontre unique.
Grand Prix Festival Cinéma du Réel 1983- Oscars 1984 : nommé au titre du meilleur documentaire

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Petit buffet inaugural


21h00

Joe Leahy's neighbours de Robin Anderson, Bob Connolly,
Australie, 1988, 90 mn, 16 mm, couleur, vostf

En 1989, en Papouasie Nouvelle-Guinée, Joe Leahy, propriétaire d'une plantation de café, vit seul au milieu des tribus papoues. Ce riche métis, fils naturel d'une aborigène et de l’un des trois frères Leahy, doit son ascension sociale à l'habileté avec laquelle il manipule ses voisins Ganigas (une des tribus papoues). Les Papous, demeurés proches du mode de vie traditionnel, se sentent néanmoins attirés par la société de consommation. À travers les démêlés de Joe Leahy et de ses voisins, se joue de façon cocasse mais souvent explosive, le scénario de la colonisation...
Grand Prix Festival Cinéma du Réel 1989

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Pause


22h30

Black Harvest de Robin Anderson, Bob Connolly,
Australie, 1992, 90 mn, 16 mm, couleur, vostf

Après First Contact et Joe Leahy's neighbours, Bob Connolly et Robin Anderson retournent en Nouvelle-Guinée continuer la saga de Joe et de ses voisins ganigas. Joe décide d'établir des relations commerciales claires avec ses voisins ganigas. Pour cela, il s'associe avec le chef de la tribu Popina Mai, qui est aussi son père adoptif, afin d'exploiter une nouvelle plantation de café. Mais la fluctuation des cours, les impératifs de la récolte et les dissensions tribales vont faire basculer cette histoire dans le drame...
Troisième et dernier volet de cette saga unique dans la création documentaire, l'histoire en raccourci de la découverte d'une population jusqu'alors inconnue du reste du monde, de sa colonisation par l'homme blanc et de ses conséquences.
Un splendide documentaire de cinéma direct où la réalité a la force dramatique et l’exemplarité d’une fiction.
Grand Prix Festival Cinéma du Réel 1992

Trois grands classiques à découvrir ou redécouvrir absolument

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Mardi 02 décembre 2008 : Terre promise

20h00

Italianamerican de Martin Scorsese,
États-Unis, 1974, 48 mn, vidéo, couleur et n. et bl., vostf

Portrait intime de l’immigration italienne, ce film est né d'une commande très officielle pour la commémoration du bicentenaire des États-Unis. Scorsese est remonté aux sources à sa manière en questionnant ses parents et à travers eux la communauté d'où il est issu. Contrepoint documentaire de Mean Streets, Italianamerican retourne sur les origines du réalisateur en laissant la parole à Catherine et Charles, ses parents. Véritables italo-américains, ils sont les enfants des immigrants arrivés de Sicile au début du XX e siècle. Le film est traité sous la forme d'un dialogue entre le réalisateur et ses parents dans leur salon. La discussion (animée) est entrecoupée de documents d'archives, photos et films, et d'images de Little Italy en 1974, quartier qui a marqué profondément l’œuvre du cinéaste. Tourné en six heures, ce film, presque totalement improvisé, serait le film préféré du réalisateur.

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En-cas surprise préparé par l’association Couleurs Femmes


21h05

À la Poursuite du Bonheur (And the Pursuit of Happiness) de Louis Malle,
France, 1986, 80 mn, 16 mm, couleur, vostf

Invité par une télévision américaine à célébrer le centenaire de la Statue de la Liberté, Louis Malle sillonne les États-Unis et filme des immigrés fraîchement débarqués sur le sol américain. Parmi eux des Cambodgiens, des Vietnamiens, des Cubains, un Russe, des Égyptiens qui ont attendu leur passeport pendant des années, mais n’ont jamais perdu l’espoir qu’un jour leur nouveau pays serait cette Amérique qui, pensent-ils, leur donnera leur chance. Une galerie de portraits vivants et surprenants, hommes et femmes déracinés qui tentent de perpétuer leur culture par des biais souvent touchants. « Si j’ai fait ce documentaire sur des émigrés récents… c’était parce que j’étais moi-même une sorte d’émigré. Un émigré de luxe, sans doute, mais je ressentais ce que c’était que d’être un étranger en Amérique. » (Louis Malle).

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Pause


22h45

God's Country de Louis Malle,
France, 1985, 85 mn, 35 mm, couleur, vostf

Glencoe est une bourgade agricole du Minnesota, qui compte une population de 5 000 habitants, possède neuf églises et aucune synagogue. Louis Malle et son équipe y arrivent une première fois en 1979 et filment la vie de cette communauté, refermée sur son propre bonheur depuis toujours. Il nous offre, non sans humour, sa rencontre complice avec quelques personnages à l’église, en train de tondre leur pelouse ou de faire du sport. Six ans plus tard, de retour à Glencoe après la crise agricole du début des années 1980, il retrouve ses personnages – des gens ordinaires – et observe la radicalisation des idées intolérantes et conservatrices de l’Amérique profonde.

Soirée présentée par Florian Treguer, maître de conférence à l’université de Haute-Bretagne Rennes II, spécialiste de littérature et civilisation américaines

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Mercredi 03 décembre 2008 : L'esprit des lieux

20h30

Forest of Bliss de Robert Gardner,
États-Unis, 1986, 90 mn, Beta SP, couleur

« Avant d’être un film sur les rites religieux dans la ville de Bénarès, Forest of Bliss de Robert Gardner est essentiellement une fresque impressionniste des paysages de la vie et de la mort dans la Cité Sainte. Bénarès, ville de mort pour les hindous est ici filmée comme un tableau animé : des chiens se bagarrent, un homme se lave, un autre homme allongé se fait masser par une femme, une vache court dans les ruelles de la ville, un homme ramasse des fleurs, une cérémonie funéraire se termine au bord du Gange. Plutôt que de décrire les coutumes quotidiennes et les rites religieux dans la ville, Robert Gardner décide de les évoquer, de nous les faire sentir. Comme pour Raymonde Carasco ou Feng Lei, ce n’est pas le rite en tant qu’objet strictement anthropologique qui intéresse Robert Gardner, c’est la trajectoire du rite prise dans le souffle d’un paysage. L’intérêt de Forest of Bliss réside dans cette radicalité à poser et positionner le paysage comme lieu de connaissance du monde. Souvent dans les films ethnologiques ou les documentaires audiovisuels, le paysage est filmé avant tout comme un décor, comme un espace de contextualisation »
(In : Formes poétiques dans le cinéma anthropologique - Corinne Maury – communication au Bilan du Film ethnographique 2006)
Dans ce film à la fois adulé et contreversé, sans commentaires, textes, intertitres ou sous-titres, tout est au contraire contenu dans les images et les sons, ce qui crée un rapport singulier et exigeant du spectateur à ce qui est donné à voir à l’écran : au final, une véritable implication. Le film le plus connu du cinéaste américain Robert Gardner, actif depuis les années 1970 comme caméraman et réalisateur de films ethnographiques à l’esthétique singulière, rompant avec la narration descriptive classique. À découvrir absolument.

Séance proposée et élaborée en partenariat avec Archipels-Maison des Arts et Cultures du Monde en Normandie, animée par Jean-Claude Lemenuel, ethnomusicologue.
Intervention de Corinne Maury, enseignante et chercheur en esthétique du cinéma documentaire

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Pause


23h05

Le Dama d’Ambara, enchanter la mort de Jean Rouch,
France, 1974, 60 mn, Beta SP, couleur

Tous les cinq ans, la société des masques des Dogons de Sanga, au Mali, organise un grand Dama, levée de deuil pour chasser la "chose dangereuse". Cette cérémonie avait été observée et analysée par Marcel Griaule. Il s'agit ici du grand Dama de sept dignitaires dont Ambara Dolo, principal informateur de Marcel Griaule. Le Dama dure trois jours pendant lesquels les nouveaux masques peints et ornés défilent et dansent pour enchanter les âmes des morts qui encombrent le village. En éclaireurs viennent les masques cavaliers peuls suivis des masques tourterelles. Puis survient le masque Azagay (le renard), qui conduit le défilé composé de masques aux noms évocateurs : masques marabouts, poules de rochers, jeunes filles peules, guérisseur, jumelle du renard, policier et maisons à étages.

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Jeudi 04 décembre 2008 : Quand la musique fait territoire

20h00

Musiques de la ville ordinaire de Grégory Mouret et Yaël Epstein,
France, 2007, 52 mn, Beta SP, couleur

À Lyon, le quartier de la Guillotière accueille depuis un siècle et demi des populations migrantes. C’est un quartier multiculturel, une « ville-monde », où des chibanis de Sétif, des laveurs de vitres roumains, des épiciers ivoiriens ou chinois, des réfugiés politiques kurdes ou latino-américains, se côtoient sans forcément se rencontrer. Chaque communauté, chaque famille, chaque individu venu d’ailleurs a son histoire particulière : exil économique ou politique, projet personnel, regroupement familial… Chacun vit à sa manière le déracinement et le sentiment d’étrangeté qui l’accompagne. Mais au-delà de la diversité des cultures et des formes d’expression, la musique, énoncé universel, revêt une série de fonctions que l’on retrouve dans tous les parcours : elle est lieu de mémoire et de réconfort, moyen d’expression et de transmission de codes et de valeurs, outil de création de liens sociaux et de possibles rencontres interculturelles. Derrière les murs des immeubles de la ville ordinaire, des mondes musicaux insolites se perpétuent et se réinventent d’une génération à l’autre. À travers une série de portraits, ce film invite à aller à leur rencontre en entrant progressivement dans l’intimité des vécus et des parcours musicaux.

En présence de la co-réalisatrice et ethnologue (ou du réalisateur)

En partenariat avec Archipels Maison des Arts et Cultures du Monde en Normandie, rencontre animée par Jean-Claude Lemenuel, ethnomusicologue

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Petit frichti mitonné par Couleurs Femmes


21h45

Teshumara, les guitares de la rébellion touareg de Jérémie Reichenbach,
France, 2006, 51 mn, Beta SP, vostf

La naissance du groupe Tinariwen à l'aube des années quatre vingt est intimement liée à la situation d'exil et d'errance du peuple touareg. Les musiciens de Tinariwen réunis autour d'Ibrahim "Abraybone" sont tous originaires de l'Adrar des Ifoghas au nord du Mali, réfugiés dans les années 1970 à Tamanrasset, en Algérie. Entre rock, blues acéré et musique traditionnelle, leurs guitares électriques saturées et leur chant de révolte d'errance et d'amour accompagnèrent toutes les étapes du mouvement de rébellion touareg jusqu'au plus fort des combats. Ce film, par la musique et les témoignages des fondateurs du groupe Tinariwen, conte la mémoire de la Teshumara, culture nouvelle issue des évènements politiques et des profonds changements de la société touareg.
Grand prix SACEM du documentaire musical - Lussas 2006

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Pause


22h45

Mississippi Blues de Bertrand Tavernier, Robert Parrish,
France, 1984, 95 mn, 35 mm, couleur, vostf

« Mississippi Blues est une balade ; une ballade dans un pays accroché à son histoire, à ses racines, à son passé... mais aussi, désireux de bouger, de changer, de bouleverser ses structures et ses préjugés. Un pays mythique pour nous Français : le vieux Sud, Mississippi.
Avec l’ami américain Robert Parrish, et grâce à lui, nous sommes entrés dans des églises, où, au bout de quelques minutes, les fidèles nous avaient complètement oubliés et chantaient, plus pour eux que pour nous. Nous sommes entrés dans les “bistrots”, dans les maisons, dans les fermes, pour entendre les gens, pour capter la musique du Sud, en dehors du show business, dans les endroits où elle est née, où elle respire ». Bertrand Tavernier

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Vendredi 05 décembre 2008 : Territoires en question

19h00

La Lutte du Larzac de Philippe Cassard,
France, 2003, 90 mn, DV Cam, couleur

En 1971, la population du Larzac s’est trouvée brusquement confrontée à un projet de l’État qui menaçait son existence : l’extension du camp militaire. Face à cette décision, une résistance imaginative et non-violente s’est organisée pendant dix ans autour d’un solide noyau de paysans soutenu par un très vaste mouvement national. Les actions de désobéissance civile succèdent aux marches et aux rassemblements de toutes sortes, jusqu’à ce que l’État abandonne le projet en 1981.
Monté à partir de nombreux extraits de films tournés à l’époque en Super 8 par les paysans eux-mêmes, ce documentaire raconte l’histoire de cette lutte, commentée par les protagonistes, trente ans plus tard. Il témoigne d’un mouvement qui, par ses formes de lutte, a profondément marqué l’imaginaire politique des années 70 et 80.

En présence du réalisateur (sous réserve)

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Casse-croûte concocté par Couleurs Femmes


20h45

Nawna, je ne sais pas de Nazim Djemaï,
France, 2007, 113 mn, DV Cam, couleur, vostf

Cambridge Bay est une ville de l’arctique Canadien où vit une communauté Inuit. Passée récemment du nomadisme à la sédentarisation suite à l’implantation de la Hudson Bay Company, qui a drainé avec elle les forces de l’ordre, les représentants religieux, etc., cette population a subi de profondes mutations. L’écart entre les générations se creuse, et rend improbable la transmission. (…) [Ce film s’emploie à un exercice qui n’a pas seulement valeur ethnologique ou sociologique]. Si l’on y entend différents témoignages, d’Inuits autant que de Blancs venus incarner la force du changement, c’est davantage pour laisser résonner leurs voix dans un espace qui reste le principal objet de l’entreprise. Filmer un paysage de telle manière que s’y laisse voir ce qu’il a pu être autrefois, filmer la mémoire de ce qui demeure encore énigmatique, voilà ce qui ressort dans ces plans à la patience nécessaire. Rare ambition pour un premier film: superposer les espaces et les temps, ceux de l’ample désolation du désert blanc à sa version moderne, toujours aussi désolée, mais tout autre. (d'après Jean-Pierre Rehm)
Prix de la compétition nationale Georges de Beauregard, Festival international de documentaire de Marseille, 2007

En présence du réalisateur

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Pause


23h15

Le Temps d'une chasse de Éli Laliberté,
Canada (Québec), 2007, 51 mn, DV Cam, couleur, vo française

Dans Le Temps d'une chasse, la caméra du réalisateur accompagne les hommes de La Romaine, petite localité de la Basse-Côte-Nord, lors d'une chasse au caribou, depuis leur départ de la réserve jusqu'au dernier coup de fusil. Une chasse au cours de laquelle tout peut arriver… Au cours de cette chasse, on retourne en effet en arrière pour revenir sur un conflit qui éclata en mars 2004 entre les Innus de différentes communautés de la Basse-Côte-Nord et le gouvernement terre-neuvien ; les médias accusant les Innus de massacrer les caribous, les Innus, eux, prétendant faire ce qu’ils ont toujours fait depuis des millénaires sur leur territoire. Un conflit qui résume, dans sa plus simple expression, l’incompréhension réciproque entre le gouvernement et les Innus.

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Samedi 06 décembre 2008 : Territoires morcelés

21h00

Le Monde extérieur de Stéphane Breton,
France, 2007, 55 mn, Beta SP, couleur

Après Eux et Moi, Le Ciel dans un jardin puis Redescendre en Nouvelle-Guinée, où l’observateur est un étranger, Le Monde extérieur de l’ethnologue et cinéaste Stéphane Breton ne se passe pas au loin. Il n’est pas la suite des films précédents. Même s’il reprend leur point de vue subjectif et le mène à son terme en l’appliquant plus près : chez soi. L’homme à la caméra revient chez lui, dans sa ville. Il la connaît trop bien et depuis trop longtemps. Mais il est revenu et il lui faut être là à nouveau : d’une manière neuve. Le regard ethnographique qu’il a rapporté dans ses bagages demande que l’on mette à présent les choses à distance, que l’on s’étonne.

S'adressant à un ami qui vit «dans une forêt à l'écart du monde» dont il tente d'adopter la vision détachée et étrangère, Stéphane Breton s'aventure ici dans un Paris inexploré. Celui des petits matins et des nuits, des rues vides et des trottoirs dépotoirs, des bords de Seine aux allures de campagne abandonnée, des bars où les rencontres demeurent inaccessibles, des souterrains rongés par le silence, des bords de périphériques. Un « territoire » tout autant étrange qu’improbable, peuplé de solitaires et de touristes, de gens qui appellent de leurs vœux l'œil de la caméra.

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Pause


22h00

On Hitler’s Highway de Lech Kowalski,
Pologne 2002, 81 mn, Beta SP, couleur, vostf

Le long d'une autoroute construite par Hitler, en Pologne, des habitants pratiquent l'art de la survie. Où l'Est rencontre l'Ouest, où l'histoire est menacée d'effacement et où l'avenir se dessine au rouleau compresseur. Que se passe-t-il le long de cette route construite par Hitler pour envahir ses voisins ? Un tzigane en pèlerinage à Auschwitz montre son tatouage d'immatriculation. Des prostituées bulgares discutent de la dureté des temps et s'autorisent une pause cigarette. De jeunes contestataires squattent d'anciens bunkers nazis tandis que des clandestins ukrainiens se sont réfugiés dans une base aérienne soviétique désaffectée. Un marchand de nains de jardin nostalgique parle du communisme.
L'autoroute d'Hitler nous emmène sur les traces de l'histoire, pareilles aux fissures qui sillonnent aujourd'hui le béton coulé il y a un demi-siècle par les Allemands. Décalées, les images fouillent le sol. Le cadre se resserre, capturant des pieds, des mains, un fil, à la recherche des failles du corps et de son humanité. « Après toutes ces années passées à réaliser des documentaires, j'ai compris que les gens que je filme dans mes documentaires sont moi. Ils sont moi », explique Lech Kowalski.

Grand Prix de la Scam, 2002
Premier Prix section New Vision, Infinity Festival, Turin, Italie, 2003
International Documentary Film Festival Amsterdam – IDFA, Amsterdam, Pays-Bas, 2002
FIPA , Biarritz, France, 2003
Festival international des arts visuels, Gyor, Hongrie, 2003

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Dimanche 07 décembre 2008 : Enracinement/déracinement

14h30

Algéries, mes fantômes de Jean-Pierre Lledo
France, 2003, 106 mn, Beta SP, couleur, vostf

Forcé de quitter Alger dès le début des attentats intégristes, l'auteur - cinéaste algérien d'origine "judéo-européenne" - se retrouve en France, trente cinq ans après l'exode de sa communauté d'origine et de sa famille. Avec l'espoir de pouvoir faire le deuil de ses amis assassinés, il se met à filmer durant plusieurs mois dans différentes villes, au hasard des rencontres que suscite la présentation de ses films qui tous parlent de l'Algérie, de sa violence et de ses exclusions, d'aujourd'hui et d'hier. Il s'aperçoit ainsi qu'à son insu, il fait communier dans une même émotion toutes celles et tous ceux qui y naquirent, y vécurent, et s'y entre-déchirèrent : musulmans, juifs, chrétiens, arabo-berbères, pieds-noirs d'Algérie, et Français de France.

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Petit goûter proposé par Couleurs Femmes


16h30

Les Enracinés de Damien Fritsch,
France, 2004, 52 mn, Beta SP, couleur

Yvette, Arlette, Léon, Catherine et Jean ont entre 70 et 80 ans. Ils habitent dans des régions différentes, mais vivent depuis des décennies dans la même maison, sur cette même terre qui les a vus naître. Quelques excursions ou le départ pour l’armée ont été les seules occasions de quitter les lieux. Ils sont d’origine paysanne, ont connu une vie faite du dur labeur de la terre et de l’élevage. Aujourd’hui, en marge du monde moderne, la plupart d’entre eux ont levé le pied et touchent une petite retraite.
L’esprit est ici à l’image de cette terre où chaque lieu contient tout, et où l’on verra ces hommes et ces femmes plantés, enracinés, pour, à partir de cette immobilité si vivante, mettre en perspective leur passé et repenser notre présent. Ethnologue de formation, Damien Fritsch explore et croise ici deux pistes : celle des micro-territoires individuels, des codes de circulation et des charges émotionnelles qui leur sont attachés et celle des territoires de la mémoire.
Primé au Festival du Réel 2005 - 1er Prix ex-aequo du Jury Caméras des Champs 2005

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Pause


17h30

Le Règne du jour de Pierre Perrault,
Canada (Québec), 1967, 118 mn, vidéo, n. et bl., vo québecoise stf

Accompagné de son épouse Marie et de son fils Léopold, Alexis Tremblay, le merveilleux conteur québecois de Pour la suite du monde, s'en va en France, à la recherche de ses ancêtres dans le Perche bas-normand. Sur place, ils échangent sur divers aspects pratiques de la vie quotidienne avec des paysans français (les pratiques des cultivateurs, la manière de tuer le cochon, l'utilisation de l'eau...). Chacun peut relever les points communs et les différences. La modernisation et la disparition de quelques pratiques "ancestrales" en France inquiètent quelque peu Léopold et Alexis. Ce dernier n'en pense pas moins à l'avenir lorsqu'il dit à Marie : "Pense à tes enfants et à tes petits enfants. Après toi, il y a du monde. Transmets ton naturel et moi le mien". Magistrale réflexion autour de l’identité culturelle, du lien au territoire et de l’écoulement du temps, Le Règne du jour est le deuxième film de la célèbre Trilogie de l'Ile-aux-Coudres, œuvre majeure de Pierre Perrault, l’un des plus grands documentaristes québécois et pionnier du cinéma direct.

Prix pour le meilleure cinématographie en noir et blanc - Prix Génie , 1968, Toronto – Canada / Prix pour le meilleur son d'ensemble - Prix Génie, 1968, Toronto - Canada

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Informations pratiques

Toutes les séances ont lieu au Cinéma Lux à Caen
CAEN-CINÉMA LUX :
6, avenue Ste-Thérèse à Caen
Entrée libre et gratuite à toutes les séances dans la limite des places disponibles.
Merci de respecter les horaires de début des séances. Tél . 02 31 82 29 87
Consommations payantes (prix doux)

Tram : lignes A et B. Arrêt Lux-Victor Lépine (dernier tram à 0h45)
Bus : lignes 3 et 14, arrêt Sainte Thérèse. Lignes 1,5,9 et 11 : arrêt Demi-Lune


Les partenaires de la Semaine du Cinéma ethnographique

Région Basse-Normandie, Ministère de la Culture (D.R.A.C), Cinéma Lux, Archipels-Maison des Arts et Cultures du Monde en Normandie


Remerciements

Arte France – Centre des Musiques Traditionnelles du Monde en Rhône-Alpes/Villeurbanne - Cinéma du Réel / Paris - Comité du Film ethnographique / Paris – Damien Detcheberry (Éclipses) - Images de la Culture/CNC –
ISKRA / Paris - Maison du Documentaire / Lussas – Office National du Film du Canada - Productions Vic Pelletier / Matane (Québec) - Société Française d’Anthropologie Visuelle / Amiens – Viacités – Ville de Caen.

Ainsi qu’à l’association Couleurs Femmes,
Et à toutes les personnes qui contribuent au développement de la Semaine du Cinéma ethnographique

Programme établi sous toute réserve
Visuel : photo © Sylvain Guichard – Conception graphique : Aprim
Vidéoprojections : Zorilla Productions


Équipe de la Semaine

Programmation : Youri Deschamps, Guy Gallardo
Coordination/communication : Guy Gallardo
Commissariat/production : Pierre Schmit
Secrétariat : Edwige André

Une manifestation proposée par le CRéCET de Basse-Normandie

Contact : cinemaethno@crecet.org

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